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Les expressions québécoises : parler comme un vrai Montréalais

Les expressions québécoises : parler comme un vrai Montréalais

Publication : - Modifié le

Les expressions québécoises donnent au français de Montréal sa couleur : vieux mots venus de France, anglicismes adoptés et inventions locales s’y mêlent. Connaître les plus courantes évite quelques malentendus au restaurant, au dépanneur ou dans la rue, et fait souvent sourire les interlocuteurs.

La parlure québécoise est un français vivant, coloré et expressif qui surprend souvent les visiteurs francophones venus de France ou d'Europe. Le vocabulaire québécois intègre des anglicismes historiques, des archaïsmes du XVIIe siècle et des créations lexicales propres à la culture nord-américaine. Découvrir ces particularités linguistiques est l'une des experiences les plus enrichissantes d'un voyage a Montreal.

Mots et expressions quebecoises à apprendre avant d'arriver

Parmi les expressions québécoises les plus courantes : 'Allô' pour dire bonjour, 'Char' pour voiture, 'Dépanneur' pour épicerie de quartier, 'Magasinage' pour shopping, 'Tuque' pour bonnet et 'Casse-croûte' pour snack bar. Les formules de politesse sont similaires au français européen mais le tutoiement est beaucoup plus généralisé, y compris dans les contextes professionnels.

Les mots québécois peuvent parfois dérouter dans des situations concrètes : demander la 'facture' (note) au restaurant, ou comprendre que 'Tabarnak' est un juron très fréquent mais considéré comme grossier. Les Québécois sont généralement ravis de voir les touristes s'intéresser a leur langue et sont prompts a expliquer les subtilités de leur parler avec humour et fierté. Un lexique quebecois de poche est un compagnon de voyage amusant et utile.

Déjeuner, dîner, souper : le piège des repas

Le premier faux ami que rencontre le visiteur concerne les repas. Au Québec, on déjeune le matin, on dîne à midi et on soupe le soir, comme on le faisait autrefois en France et comme on le fait encore en Belgique et en Suisse. Une invitation à « dîner » désigne donc un repas de midi. Au restaurant, la formule complète avec entrée, plat et dessert s’appelle souvent « table d’hôte ».

Mots du quotidien à reconnaître

  • Une blonde, un chum : la petite amie, le petit ami (« chum » désigne aussi un ami proche).
  • C’est plate : c’est ennuyeux.
  • Une piastre ou une piasse : un dollar, dans la langue familière.
  • La fin de semaine : le week-end, terme que les Québécois emploient peu.
  • Un courriel : un e-mail, mot recommandé au Québec puis repris en France.
  • Bienvenue : la réponse habituelle à « merci », l’équivalent de « de rien ».
  • Le stationnement : le parking.

Les sacres, un vocabulaire à manier avec prudence

Les jurons québécois, appelés sacres, empruntent au vocabulaire de l’Église catholique : tabarnak vient de tabernacle, câlice de calice, ostie d’hostie. Leur force tient à l’histoire d’une société longtemps très religieuse, où détourner ces mots choquait. Ils restent vulgaires, et un visiteur qui les emploie pour faire couleur locale risque surtout de mettre mal à l’aise. Mieux vaut les reconnaître que les utiliser.

Le français, langue de l’affichage

La Charte de la langue française, souvent appelée loi 101, fait du français la langue officielle du Québec. Elle explique pourquoi les panneaux routiers disent « Arrêt » et pourquoi les enseignes commerciales doivent donner une place prédominante au français. À Montréal, où l’anglais reste très présent, notamment dans l’ouest de l’île, commencer une conversation en français est toujours bien accueilli. Ce rapport à la langue se retrouve dans les traditions de Noël québécoises comme dans la culture culinaire, de la tire d’érable sur la neige au café du Tim Hortons du coin de la rue.

Expressions imagées à savourer

Au-delà des mots isolés, le québécois aime les images. « Avoir de la misère » signifie avoir du mal à faire quelque chose, « tomber en amour » veut dire tomber amoureux, « c’est de valeur » se dit pour « c’est dommage », et « niaiser » quelqu’un revient à le taquiner ou à lui faire perdre son temps. Un Montréalais pressé dira qu’il est « dans le jus », et quelqu’un qui « magasine » flâne dans les boutiques. Ces tournures se comprennent vite en contexte ; demander leur sens fait partie du plaisir de l’échange.

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