Conduire à Montréal en hiver suppose trois choses : des pneus d'hiver, obligatoires au Québec du 1er décembre au 15 mars, une conduite ralentie sur la neige et la glace, et un véhicule prêt pour le grand froid. Le Québec est la seule province du Canada à imposer ces pneus par la loi, voiture de location comprise.
Repères avant de prendre le volant
- Pneus d'hiver exigés du 1er décembre au 15 mars sur tout véhicule immatriculé au Québec, location comprise.
- La glace noire se forme d'abord sur les ponts et les viaducs, autour de zéro degré.
- Les conditions routières se vérifient avant chaque longue route : une tempête se contourne, elle ne se traverse pas.
- Le virage à droite au feu rouge est interdit sur l'île de Montréal, contrairement au reste du Québec.
La saison hivernale dure ici de la fin novembre à la mi-mars, parfois davantage. Si vous préparez plus largement votre séjour, nos conseils pour voyager à Montréal en hiver couvrent l'équipement, le budget et les activités ; cette page ne traite que du volant.
Les pneus d'hiver sont obligatoires, et la règle a ses subtilités
C'est la première particularité que découvrent les conducteurs venus d'Europe. Le Québec est la seule province du Canada à imposer les pneus d'hiver par la loi, et cette obligation ne souffre pratiquement aucune exception pour les véhicules de promenade.
Ce que dit le Code de la sécurité routière
Du 1er décembre au 15 mars inclusivement, tout véhicule de promenade immatriculé au Québec doit être chaussé de quatre pneus d'hiver. La période a été allongée de deux semaines en 2019 : elle commençait auparavant le 15 décembre, et l'ancienne date circule encore sur bien des pages, ce qui vaut la peine d'être vérifié auprès du site de la Société de l'assurance automobile du Québec avant un départ. Un pneu n'est reconnu comme pneu d'hiver que s'il porte le pictogramme de la montagne surmontée d'un flocon ; une gomme quatre saisons, même récente, ne suffit pas. L'amende est de l'ordre de deux cents à trois cents dollars, frais en sus, et elle s'applique par véhicule, non par occupant.
| Période | Ce qui est exigé ou permis |
|---|---|
| 1er décembre au 15 mars | Quatre pneus d'hiver obligatoires |
| 15 octobre au 1er mai | Pneus à crampons autorisés sur les véhicules légers |
| Reste de l'année | Pneus quatre saisons admis |
Voiture de location : la règle vous suit
L'obligation vise le véhicule immatriculé au Québec, pas le conducteur. Une voiture louée à Montréal est donc équipée d'office pendant la période concernée, et le loueur n'a pas le droit de vous la remettre autrement. Il n'y a rien à demander, rien à payer en supplément pour cela, que la réservation se fasse en ligne ou au comptoir. La question se pose en revanche si vous arrivez au volant d'un véhicule immatriculé ailleurs au Canada ou aux États-Unis : la loi québécoise ne s'y applique pas, mais rouler en quatre saisons sur une chaussée enneigée reste une mauvaise idée, et votre assureur peut s'y intéresser en cas de problème. Sur le choix de louer ou non, notre page consacrée à la voiture pour visiter Montréal détaille les cas où elle est réellement utile.
Ce que la neige et la glace changent au volant
Conduire en hiver ne demande pas de talent particulier, cela demande de la place et du temps. Tout s'allonge : la distance de freinage peut doubler sur une neige compactée et se multiplier encore sur une chaussée glacée. La règle que répètent tous les moniteurs de conduite québécois tient en une phrase : ralentir avant, pas pendant.
La vitesse affichée reste 50 km/h en ville et 100 km/h sur les autoroutes, mais ces limites valent pour de bonnes conditions. Personne ne vous reprochera de rouler à 70 sur une autoroute balayée par la poudrerie ; c'est même ce que fera la circulation autour de vous. Un coup d'oeil au rétroviseur avant chaque freinage devient un réflexe : le véhicule qui suit n'a pas forcément les mêmes pneus que vous.
La glace noire, le piège des ponts et des viaducs
La glace noire est une pellicule transparente qui épouse l'asphalte et reste invisible. Elle se forme autour de zéro degré, souvent au petit matin ou après un redoux suivi d'une chute de température. Les ponts et les viaducs gèlent les premiers, parce que l'air froid les refroidit par-dessous autant que par-dessus : à Montréal, cela concerne les nombreux ouvrages qui enjambent le fleuve Saint-Laurent et les échangeurs de l'île. Un volant qui devient soudain léger, un moteur qui monte en régime sans que la voiture accélère : ce sont les deux signes qu'il faut lever le pied, sans freiner ni braquer brusquement.
Partager la route avec les chasse-neige
Après une bordée, la ville met en circulation des centaines de véhicules de déneigement. Un chasse-neige projette de la neige et du sel, roule lentement et occupe parfois deux voies : on ne le double pas, on reste loin derrière. La couche de sloche brune qui borde les voies dégagées est traître, car elle tire le véhicule vers le trottoir dès qu'une roue y entre. Attention aussi à l'effet du sel sur la visibilité : par temps sec, la poussière saline projetée par les camions salit un pare-brise en quelques kilomètres. Quant au stationnement pendant les opérations, il obéit à un système d'avis et de panneaux orange qui envoie chaque hiver des milliers de voitures à la fourrière : nos explications sur le stationnement hivernal et le déneigement valent la peine d'être lues avant de se garer dans une rue résidentielle.
Préparer le véhicule avant la première tempête
Une voiture qui passe l'hiver dehors, ce qui est le cas de la plupart des véhicules de location, demande quelques vérifications simples. Le liquide de refroidissement doit être dosé pour résister bien en dessous de zéro, l'huile moteur choisie dans une viscosité adaptée au froid, et la batterie contrôlée : c'est elle qui lâche en premier, généralement le matin où l'on en a le plus besoin. Le lave-glace se vend ici en formule résistant à quarante degrés sous zéro, et c'est la seule qui tienne ; un bidon acheté en été gèle dans le réservoir et bloque les gicleurs pour la saison.
Beaucoup de voitures québécoises portent un chauffe-moteur, ce petit câble électrique qui pend derrière la calandre. Il se branche la nuit lorsque le mercure descend nettement sous les quinze degrés négatifs et facilite le démarrage au matin. Sur une location, demandez si le véhicule en est pourvu ; ce n'est pas systématique.
La trousse d'urgence qui reste dans le coffre
Elle n'a rien de folklorique : une panne à moins vingt sur une route peu passante devient vite sérieuse. Le nécessaire tient dans un sac :
- une pelle courte et un balai gratte-glace, indispensables après chaque chute de neige ;
- des câbles de démarrage, la panne de batterie étant le grand classique de janvier ;
- une trousse comprenant une couverture, des gants de rechange et de quoi boire ;
- une lampe de poche et une réserve de piles, la nuit tombant vers seize heures en décembre ;
- un téléphone chargé, avec de quoi le recharger depuis l'allume-cigare ;
- un sac de sable ou de litière pour chat, qui rend l'adhérence nécessaire à une roue qui patine.
Le plein d'essence se garde au-dessus de la moitié pendant toute la saison froide. Cela évite la condensation dans le réservoir et laisse de quoi faire tourner le moteur si une tempête vous immobilise.
Vérifier les conditions routières avant de partir
Le ministère des Transports publie l'état du réseau en temps réel, tronçon par tronçon, avec les fermetures et les chaussées partiellement enneigées. Sur une longue distance, ce coup d'oeil est le geste le plus utile de la journée. L'astuce des conducteurs d'ici tient en deux mots : partir tôt, et prévoir large. Une nouvelle bordée annoncée déplace un départ d'une demi-journée, elle ne se traverse pas ; c'est aussi vrai à Montréal que partout ailleurs dans l'est du Canada, où les tempêtes remontent souvent la vallée du Saint-Laurent en quelques heures. Nos repères sur la météo à Montréal donnent les ordres de grandeur mois par mois.
Questions que se posent les visiteurs avant de rouler
Est-ce difficile de conduire à Montréal en hiver ?
Non, à condition d'accepter de rouler lentement les premiers jours. Les rues sont déneigées avec efficacité, la signalisation est en français et les distances en ville sont courtes. La difficulté n'est pas technique, elle vient du manque d'habitude : un conducteur européen découvre en même temps la neige au sol, le sel, la sloche et des panneaux de stationnement qu'il faut apprendre à lire.
Faut-il un quatre roues motrices pour rouler à Montréal en hiver ?
Non. Quatre bons pneus d'hiver comptent bien davantage que le nombre de roues motrices. Une transmission intégrale aide à démarrer sur une côte enneigée, elle n'aide en rien à freiner ni à tourner, et elle donne surtout une confiance excessive. Une berline correctement chaussée passe l'hiver montréalais sans encombre.
Les pneus d'hiver sont-ils fournis avec une voiture de location ?
Oui, du 1er décembre au 15 mars. Le véhicule étant immatriculé au Québec, le loueur est tenu par la loi de le chausser en pneus d'hiver, sans supplément ni démarche de votre part. En novembre ou à la fin mars, hors période légale, la question mérite en revanche d'être posée à la réservation.
Quels sont les principaux risques de la conduite hivernale ?
La perte d'adhérence sur la glace noire, la visibilité réduite pendant la poudrerie et l'immobilisation par grand froid. Les trois se préviennent de la même façon : consulter les conditions routières avant de partir, renoncer à prendre la route pendant une tempête, et garder dans le véhicule de quoi attendre de l'aide au chaud.
Le permis français suffit-il pour conduire au Canada ?
Pour un séjour touristique, le permis français est reconnu au Canada. Le permis international n'est pas exigé mais reste utile en cas de contrôle ou de location, comme l'explique notre page sur le permis international au Canada.
Sortir de l'île : le road trip hivernal
C'est hors de Montréal que la conduite hivernale prend tout son sens. Les Laurentides, les Cantons-de-l'Est et la région de Québec sont à une ou deux heures de route, et l'on y découvre des paysages que la belle saison ne montre pas : lacs gelés, forêts chargées de neige, villages où la motoneige circule sur des sentiers balisés à côté de la route. Un week-end en famille dans le nord des Laurentides est le road trip le plus facile à organiser depuis la ville, et le plus court.
Quelques précautions changent avec la distance. Les stations-service s'espacent dès que l'on quitte les grands axes, le réseau de téléphonie mobile devient irrégulier, et une route secondaire peut rester enneigée plusieurs heures après une bordée alors que l'autoroute est déjà dégagée. En pratique, on part le matin, on prévoit une marge d'une heure sur l'horaire annoncé par le guide de route, et l'on garde la trousse d'urgence à portée. Les grands road trips de l'Ouest canadien, eux, se font plutôt l'été : les distances y sont d'un autre ordre.
Faut-il vraiment une voiture à Montréal en hiver ?
Pour visiter la ville, franchement pas. Le métro fonctionne quelle que soit la météo, le réseau souterrain relie une bonne partie du centre-ville sans mettre le nez dehors, et le stationnement hivernal est le principal casse-tête des résidents eux-mêmes. Nos pages sur les transports à Montréal et sur le réseau souterrain donnent les alternatives.
La voiture reprend tout son intérêt dès que l'on sort de l'île, et c'est là que la conduite hivernale devient nécessaire. Les règles générales de circulation, elles, ne changent pas avec la saison : notre page sur le code de la route à Montréal les récapitule, du virage à droite interdit sur l'île jusqu'aux panneaux d'arrêt. Un dernier détail, valable partout dans l'est du Canada : la fin de l'hiver laisse derrière elle des nids-de-poule impressionnants, qui font davantage de dégâts aux jantes que la neige elle-même.






